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SUR LE PLAN
CULTUREL |
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CHARTE INTERNATIONALE DU TOURISME
CULTUREL
La Gestion du Tourisme aux Sites de Patrimoine
Significatif (1999)
Adoptée par ICOMOS à la 12è Assemblée Générale au Mexique,
Octobre 1999.
INTRODUCTION
Principes généraux de la charte
Au sens le plus large, le patrimoine naturel et culturel
appartient à tous les hommes. Nous
avons chacun un droit et une responsabilité de
compréhension, d'appréciation et de
conservation de ces valeurs universelles.
Le patrimoine est un concept vaste qui réunit aussi bien
l'environnement naturel que
culturel. Il englobe les notions de paysage, d'ensembles
historiques, de sites naturels et
bâtis aussi bien que les notions de biodiversité, de
collections, de pratiques culturelles
traditionnelles ou présentes, de connaissance et
d'expérimentation. Il rappelle et exprime le
long cheminement du développement historique qui constitue
l'essence des diverses
identités nationales, régionales, indigène et locales, et
fait partie intégrante de la vie
moderne. C'est un point de référence dynamique et un
instrument positif du développement
et des échanges. Le patrimoine particulier et la mémoire
collective de chaque lieu et de
chaque communauté sont irremplaçables et représentent une
base essentielle du
développement, à la fois maintenant et pour l'avenir.
En cette période de globalisation croissante, la protection,
la conservation, l'interprétation et
la présentation du patrimoine et de la diversité culturelle
de chaque lieu ou région, sont un
enjeu important pour tous et partout. Cependant, la gestion
de ce patrimoine, dans le cadre
de recommandations internationales reconnues et appropriées,
relève habituellement de la
responsabilité des communautés d'accueil.
Un premier objectif pour la gestion du patrimoine consiste à
faire connaître sa signification
et les justifications de sa conservation aussi bien aux
communautés d'accueil qu'aux
visiteurs. Une gestion matérielle raisonnable et une
approche intellectuelle et/ou
émotionnelle du patrimoine et du développement culturel sont
à la fois un droit et un
privilège. Cette gestion doit être porteuse de respect pour
les valeurs patrimoniales, pour
les populations indigènes qui les perpétuent, pour les
paysages et les cultures qui les ont
produites, pour les intérêts et les droits actuels des
communautés d'accueil, et pour les
propriétaires d'ensembles historiques.
Les interactions dynamiques entre patrimoine culturel et
tourisme
Le tourisme national et international a été et demeure un
des principaux véhicules
d'échanges culturels, une occasion d'expériences
professionnelles non seulement de ce qui a
survécu du passé mais aussi de la vie actuelle d'autres
groupes humains. Il est de plus en
plus largement reconnu comme une force positive qui favorise
la conservation du patrimoine
naturel et culturel. Le tourisme peut saisir les
caractéristiques économiques du patrimoine
et les utiliser pour sa conservation en créant des
ressources, en développant l'éducation et
en infléchissant la politique. Il représente un enjeu
économique essentiel pour de nombreux
23
pays et de nombreuses régions, et peut être un facteur
important de développement,
lorsqu'il est géré avec succès.
Le tourisme est devenu un phénomène complexe en plein
développement. Il joue un rôle
essentiel dans les domaines économiques, sociaux, culturels,
éducatifs, scientifiques,
écologiques et esthétiques. Parvenir à dépasser pour les
valoriser les conflits qui peuvent
exister entre les attentes et les aspirations des visiteurs
et celles des communautés
d'accueil, constitue à la fois un enjeu et une opportunité.
Le patrimoine naturel et culturel, comme la diversité des
cultures vivantes sont des
attractions touristiques majeures. Un tourisme excessif peut
de la même façon qu'un
tourisme inexistant ou mal géré nuire à l'intégrité physique
et à la signification du
patrimoine. La fréquentation touristique peut également
conduire à la dégradation des
espaces naturels ainsi que des cultures et des modes de vie
des communautés d'accueil.
Le tourisme est porteur d'avantages pour les communautés
d'accueil et leur procure des
moyens importants et des justifications pour prendre en
charge et maintenir leur patrimoine
et leurs pratiques culturelles. La participation et la
coopération entre les communautés
d'accueil représentatives, les conservateurs, les opérateurs
touristiques, les propriétaires
privés, les responsables politiques, les concepteurs et les
gestionnaires des programmes de
planification, et les gestionnaires de sites sont
nécessaires pour mettre en oeuvre une
industrie touristique durable et favoriser la protection des
ressources patrimoniales pour les
générations futures.
ICOMOS, Conseil International des Monuments et des Sites, en
tant qu'auteur de cette
Charte, ainsi que les autres organisations internationales
et les industries du tourisme, sont
prêts à relever ce défi.
Objectifs de la charte
Les objectifs de la charte du tourisme culturel sont :
• Encourager et faciliter le travail de ceux qui participent
à la conservation et à la
gestion du patrimoine afin de le rendre plus accessible aux
communautés d'accueil et aux
visiteurs.
• Encourager et faciliter le travail de l'industrie
touristique pour promouvoir et gérer
le tourisme dans le respect et la mise en valeur du
patrimoine et des cultures vivantes des
communautés d'accueil.
• Encourager et faciliter le dialogue entre les responsables
du patrimoine et ceux
des industries du tourisme afin de mieux faire comprendre
l'importance et la fragilité des
ensembles patrimoniaux, des collections, des cultures
vivantes dans le souci de les
sauvegarder à long terme.
• Encourager ceux qui proposent des programmes et des
politiques afin de
développer des projets précis et mesurables, et des
stratégies qui touchent à la
présentation et l'interprétation des ensembles patrimoniaux
et des activités culturelles dans
le contexte de leur protection et de leur conservation.
En outre,
• La Charte encourage l'ensemble des initiatives de l'ICOMOS,
des autres
organisations internationales et des industries touristiques
qui visent à améliorer les
conditions de gestion et de conservation du patrimoine.
• La Charte encourage les contributions de tous les
responsables agissant dans les
domaines du patrimoine et du tourisme et qui permettront
d'atteindre ces objectifs.
• La Charte encourage la réalisation de guides détaillés par
les parties intéressées.
Ces guides faciliteront l'application concrète des principes
établis par la Charte dans le cadre
d'interventions particulières et à la demande
d'organisations et de communautés d'accueil
spécifiques.
24
PRINCIPES DE LA CHARTE DU TOURISME CULTUREL
Principe 1
Le tourisme national et international est l'un des
principaux véhicules des
échanges culturels. La protection du patrimoine doit offrir
des opportunités
sérieuses et bien gérées aux membres des communautés
d'accueil et aux visiteurs
pour expérimenter et comprendre le patrimoine et la culture
des différentes
communautés.
1.1
Le patrimoine culturel est une ressource à la fois
matérielle et spirituelle. Il témoignage d'un
développement historique. Il a un rôle important dans la vie
contemporaine et doit être
accessible physiquement, intellectuellement et
émotionnellement au grand public. Les
programmes de protection et de conservation des éléments
physiques, des aspects
intangibles et des expressions de la culture contemporaine
prises dans leur sens le plus
large, doivent faciliter la compréhension et la prise en
considération de la signification du
patrimoine par les communautés d'accueil et les visiteurs,
d'une manière équitable et
adaptée aux moyens dont ils disposent.
1.2
Les caractéristiques particulières du patrimoine naturel et
culturel ont des niveaux de
signification différents, certaines sont investies d'une
valeur universelle, d'autres d'une
valeur nationale, régionale ou locale. Les programmes
d'interprétation doivent présenter ces
différents niveaux de signification de manière pertinente et
accessible aux communautés
d'accueil et aux visiteurs, en utilisant des moyens
pédagogiques actuels stimulants, média,
technologie, explications personnalisées des aspects
historiques, environnementaux et
culturels.
1.3
Les programmes d'interprétation doivent faciliter et
encourager une prise de conscience
profonde par le public, prise de conscience qui constitue
une base essentielle pour assurer la
préservation dans le temps du patrimoine naturel et
culturel.
1.4
Les programmes d'interprétation doivent présenter la
signification des ensembles
patrimoniaux, des traditions et des pratiques culturelles
dans le cadre des expériences
passées et de la diversité présente des territoires et des
communautés, sans négliger les
minorités culturelles et linguistiques. Le visiteur doit
aussi être informé des différentes
valeurs culturelles qui caractérisent tel ou tel type de
patrimoine.
Principe 2
La relation entre le patrimoine et le tourisme est dynamique
et doit dépasser les
conflits de valeurs. Elle doit être gérée de manière durable
au profit des
générations actuelles et futures.
2.1
La signification des ensembles patrimoniaux constitue une
valeur pour tous les peuples et
une base importante de la diversité culturelle et du
développement social. La protection et
la conservation à long terme des cultures vivantes, des
ensembles patrimoniaux et des
collections, ainsi que leur intégrité physique et écologique
dans leur contexte
environnemental, doivent être une composante essentielle des
politiques de développement
social, économique, législatif, culturel et touristique.
2.2
L'interaction entre les ressources patrimoniales et le
tourisme est dynamique et en
constante évolution, générant à la fois des opportunités,
des défis et des potentialités de
conflits. Les projets, activités et développements
touristiques doivent parvenir à des
résultats positifs et limiter les impacts négatifs qui
pourraient nuire au patrimoine et aux
25
modes de vie des communautés d'accueil, tout en répondant au
mieux aux besoins et aux
aspirations des visiteurs.
2.3
Les programmes de protection, d'interprétation et de
développement touristique doivent
être basés sur une approche compréhensible des aspects
particuliers, souvent complexes et
conflictuels, de la signification des différents
patrimoines. La poursuite régulière d'activités
de recherche est importante car elle permet d'approfondir la
compréhension et
l'appréciation de la signification de ces différents
témoignages patrimoniaux.
2.4
La préservation de l'authenticité des ensembles patrimoniaux
et des collections est
importante. C'est une condition essentielle de leur
signification culturelle qui s'exprime dans
les matériaux, la mémoire collective et les traditions qui
nous viennent du passé. Les
programmes doivent présenter et interpréter l'authenticité
des ensembles patrimoniaux de
manière à favoriser la compréhension et l'appréciation de ce
patrimoine culturel.
2.5
Les projets de développement touristique et
d'infrastructures doivent prendre en compte les
dimensions esthétiques, sociales et culturelles, les
paysages naturels et culturels, les
caractéristiques de la biodiversité ainsi que
l'environnement visuel le plus large des
ensembles patrimoniaux. On doit donner la préférence aux
matériaux locaux et prendre en
compte les caractéristiques de l'architecture locale et les
particularités des constructions
vernaculaires.
2.6
La promotion et le développement touristique des ensembles
patrimoniaux doivent être
précédés par la mise en place de plans de gestion qui
prennent en compte la valeur
naturelle et culturelle de la ressource patrimoniale. Ils
doivent établir les limites acceptables
des modifications susceptibles d'être apportées à ces
ensembles, en tenant compte en
particulier de l'impact de la fréquentation touristique sur
les caractéristiques physiques,
l'intégrité, l'écologie et la biodiversité des espaces, les
accès, les systèmes de transport, et
le bien être social, économique et culturel des communautés
d'accueil. Si le niveau des
modifications proposées est inacceptable, le projet de
développement doit être modifié.
2.7
Des programmes d'évaluation doivent permettre d'estimer les
impacts progressifs des
activités touristiques et du développement dans des espaces
spécifiques ou des
communautés particulières.
Principe 3
Les opérations de mise en valeur des ensembles patrimoniaux
doivent assurer aux
visiteurs une expérience enrichissante et agréable.
3.1
Les programmes de protection et de tourisme doivent
présenter une information de haute
qualité de manière à favoriser la compréhension par le
visiteur de la signification des
caractéristiques du patrimoine et de la nécessité de le
protéger. Ces programmes doivent
aussi contribuer, de manière appropriée, à mettre le
visiteur en situation de profiter au
mieux de sa visite.
3.2
Le visiteur doit pouvoir visiter les ensembles patrimoniaux
comme il le souhaite, si c'est son
propre choix. Un circuit de circulation spécifique peut être
nécessaire pour réduire les
impacts de ce type de visite sur l'intégrité, et les
caractéristiques physiques, naturelles et
culturelles des sites.
3.3
Le respect du caractère sacré des sites, des pratiques et
des traditions de nature spirituelle
doit être pris en considération de façon prioritaire par les
gestionnaires de sites, les
26
visiteurs, les hommes politiques, les planificateurs et les
opérateurs touristiques. Les
visiteurs doivent être encouragés à se comporter en invités
bienvenus, respectueux des
valeurs et des styles de vie des communautés d'accueil, en
rejetant les vols et le commerce
illicite des biens culturels et en se comportant de manière
à favoriser le maintien d'un
accueil favorable pour les visiteurs à venir.
3.4
La planification des activités touristiques doit offrir aux
visiteurs les meilleures conditions de
confort, de sécurité et de bien-être de manière à renforcer
le plaisir de la visite mais sans
que cela ne nuise à la signification et aux caractéristiques
écologiques du patrimoine.
Principe 4
Les communautés d'accueil et les populations locales doivent
participer aux
programmes de mise en valeur touristique des sites
patrimoniaux.
4.1
Les droits et les intérêts des communautés d'accueil tant au
niveau régional que local, les
propriétaires privés et les peuples indigènes qui exercent
des droits traditionnels et des
responsabilités sur leurs propres territoires et sur les
sites chargés pour eux d'une
signification particulière, doivent être respectés. Ils
doivent participer à l'élaboration et à la
mise en oeuvre des projets de mise en valeur du patrimoine
en définissant les enjeux, les
stratégies, les politiques et les procédures permettant
d'identifier, de conserver, de gérer,
de présenter et d'interpréter leurs ressources patrimoniales
ainsi que leurs pratiques
culturelles traditionnelles et actuelles, et ceci dans un
contexte touristique.
4.2
Bien que le patrimoine culturel revête une signification
universelle, on doit respecter le
souhait des communautés d'accueil ou des populations locales
de restreindre ou de gérer
directement l'accès physique, spirituel ou intellectuel à
certaines pratiques culturelles,
connaissances et croyances, mais aussi à certains objets ou
à certains sites.
Principe 5
Les activités de tourisme et de protection du patrimoine
doivent bénéficier aux
communautés d'accueil.
5.1
Les politiques de conservation et de développement
touristique doivent promouvoir des
mesures qui favorisent une répartition équilibrée des
bénéfices du tourisme entre les pays
et les régions, accroître les niveaux de développement
socio-économique et contribuer à
soulager la pauvreté.
5.2
La gestion du patrimoine et le tourisme doivent produire des
bénéfices économiques,
sociaux et culturels, équitablement répartis entre les
hommes et les femmes des
communautés d'accueil, à tous les niveaux, à travers
l'éducation, la formation et la création
d'opportunités d'emplois à plein temps.
5.3
Une partie significative des revenus provenant de
l'exploitation touristique du patrimoine
doit être affectée à la protection, la conservation et la
présentation des sites patrimoniaux,
et ceci dans leur contexte naturel et culturel. Autant que
possible, les visiteurs doivent être
informés de l'existence de cette procédure financière.
5.4
Les programmes de développement touristique du patrimoine
doivent encourager la
formation et l'emploi de guides et d'interprètes de sites
issus des communautés d'accueil
afin de favoriser les savoir-faire des populations locales
pour présenter et interpréter leurs
valeurs culturelles propres.
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SUR LE
PLAN ARCHITECTURAL |
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CHARTE ICOMOS -
PRINCIPE POUR L'ANALYSE, LA
CONSERVATION ET LA RESTAURATION DES STRUCTURE DU
PATRIMOINE ARCHITECTURAL
Adoptés par la 14ème Assemblée Générale de l’ICOMOS à
Victoria Falls, Zimbabwe, Octobre 2003
PRINCIPE GÉNÉRAUX
BUT DU DOCUMENT
Les édifices anciens par leur nature (matériaux et mises
en oeuvre) imposent des démarches
particulières pour le diagnostic et la restauration qui
limitent l'application des normes légales et
de construction applicables
Des recommandations ne sont pas seulement souhaitables,
elles sont nécessaires afin de garantir
que les procédures relatives à la restauration des
structures soient adaptées au contexte
rationnel, scientifique et culturel.
Les "PRINCIPES" présentés dans ce document, qui seront
suivis de directives, constituent la
première étape vers la préparation des recommandations,
instrument indispensable pour tous les
intervenants de la conservation et de la restauration
des structures.
Les directives sont disponibles en anglais dans un
document séparé.
1. CRITÈRES GÉNÉRAUX
1.1. La conservation, le renforcement et la restauration
des structures du patrimoine
architectural requièrent une approche
pluridisciplinaire.
1.2. Par respect envers chaque culture; le patrimoine
doit être étudié dans son contexte
culturel, par conséquent la valeur et le niveau
d'authenticité ne sont pas déterminés
par des critères universels.
1.3. La valeur d'un édifice historique n'est pas limitée
à la perception que l'on a de celui-ci.
Elle dépend de l'intégrité de toutes les parties qui le
composent. Par conséquent la
suppression de structures internes pour ne maintenir que
les façades devra toujours
être évitée.
1.4. Si des changements d'usage ou de fonction sont
garants d'une meilleure conservation
et de l'entretien du patrimoine, les exigences de la
conservation et les conditions de
sécurité doivent être soigneusement prises en compte.
1.5. La conservation ou la restauration des structures
du patrimoine architectural n'est pas
une fin en soi, c'est un moyen au service d'un objectif
plus large: la pérennité de
l'édifice dans sa globalité.
1.6 Les structures historiques, en raison de leur
histoire souvent complexe, nécessitent la
mise en oeuvre d'études et de projets suivant des phases
précises, comme dans la
médecine: l'anamnèse, la thérapie et le contrôle. A
chaque phase correspond la
recherche appropriée pour la collecte des données et des
informations pour identifier
les causes des désordres, pour déterminer le choix des
mesures à prendre, et pour
contrôler ensuite leur efficacité. Afin que l'impact sur
le patrimoine soit minimal il faut
employer les ressources disponibles d'une manière
rationnelle. Il est généralement
nécessaires que ces étapes se succèdent dans un
processus itératif.
1.7 Aucune action ne doit être entreprise sans avoir
préalablement évalué les effets
négatifs sur l'édifice historique, excepté dans le cas
où des mesures urgentes de
sauvegarde sont nécessaires pour empêcher un écroulement
imminent de la structure
(p.ex. après des dommages sismiques); néanmoins ces
mesures ne doivent pas
changer la structure d’une manière irréversible.
2. RECHERCHE ET DIAGNOSTIC
2.1 En général une équipe pluri-disciplinaire, composé
selon le type et l'échelle du
problème, devrait être constitué dès la première phase
de l'étude - comme dans le
relevé préalable du site et dans la préparation du
programme d'investigations.
2.2 Les données et les informations peuvent être
étudiées une première fois d'une manière
approximative afin d'établir un plan d'action approprié
au problème réel de la structure.
2.3 Une compréhension claire de la typologie, du
comportement, des performances des
structures et des caractéristiques des matériaux est
nécessaire dans l'exercice de la
conservation. La connaissance de la conception
originelle des structures, des
techniques employées lors de la construction, des
transformations, des phénomènes
vécus, et de leur état actuel est essentielle.
2.4 Les structures des vestiges archéologiques posent
des problèmes particuliers car elles
nécessitent des interventions de stabilisation pendant
les phases d'excavation quand la
connaissance est encore incomplète. Le comportement
structurel d'une construction en
cours de fouille peut être complètement différent d'une
construction exposée. Ainsi les
projets d'interventions et les solutions adoptées
peuvent être différents afin de ne pas
compromettre l'aspect, l'apparence et l'usage de la
construction.
2.5 La conservation des structures du patrimoine bâti
requiert simultanément des analyses
qualitatives et quantitatives. Les premières sont
fondées sur l'observation directe des
désordres et de la dégradation des matériaux. Elles
s'appuient sur les recherches
historiques et archéologiques. Les secondes concernent
essentiellement les tests
spécifiques, le suivi des données et l'analyse des
structures
2.6 Avant de prendre une décision concernant une
intervention sur des structures il est
indispensable de déterminer les causes des désordres, et
ensuite d'évaluer le niveau de
sécurité de la structure.
2.7 L'évaluation du niveau de sécurité (qui est la
dernière étape dans le diagnostic ou le
besoin de traitements est effectivement déterminé) doit
tenir compte des analyses
quantitatives et qualitatives et de l'observation
directe, des recherches historiques, de
la modélisation mathématique le cas échéant et, en tant
que besoin des résultats
expérimentaux.
2.8. Le plus souvent l'application de coefficients de
sécurité conçus pour les ouvrages neufs
conduit à des mesures excessives, inapplicables pour les
édifices anciens. Des analyses
spécifiques devront alors justifier de la diminution des
niveaux de sécurité.
2.9 Toutes les informations sur la documentation réunie,
sur le diagnostic, sur l'évaluation
de la sécurité et sur les propositions d'intervention
doivent être consignées dans un
rapport de présentation explicite.
3. LES REMÈDES ET LE CONTRÔLE
3.1 La thérapie représente le champ des actions exercées
sur les causes profondes des
désordres, et non sur les symptômes.
3.2 La meilleure thérapie pour la conservation est
l'entretien préventif.
3.3 La compréhension de la signification de la
structure, et l'évaluation de son niveau de
sécurité conditionnent les mesures de conservation et de
renforcement.
3.4. Aucune action de doit être entreprise sans que son
caractère indispensable n'ait été
démontré.
3.5 Les interventions doivent être proportionnées aux
objectifs de sécurité fixés et être
maintenues au niveau minimal garantissant stabilité et
durabilité avec le minimum
d'effets négatifs sur la valeur du bien considéré.
3.6 La conception du projet d'intervention sera toujours
fondée sur une bonne
connaissance des causes des désordres et de la
dégradation.
3.7 Le choix entre les techniques "traditionnelles" et
les techniques "innovantes" doit être
fait au cas par cas, en donnant la préférence aux
techniques les moins envahissantes
et les plus respectueuses des valeurs patrimoniales,
tenant en compte les exigences
de sécurité et de durabilité.
3.8. Parfois les difficultés rencontrées pour le
contrôle des véritables niveaux de sécurité et
les résultats positifs de l'intervention peuvent
conduire à recourir à une démarche
progressive, en commençant à un niveau minimum, et en
adoptant ultérieurement
une série des mesures supplémentaires ou correctives.
3.9 Les mesures choisies doivent être réversibles autant
que possible, de telles sorte que,
si de nouvelles connaissances le permettent, des mesures
plus adéquates puissent
être mises en oeuvre. Si les mesures ne peuvent être
réversibles, on doit s'assurer
que des interventions ultérieures puissent encore
intervenir.
3.10 Tous les matériaux utilisés pour les travaux de
restauration, particulièrement les
nouveaux matériaux, doivent être testés de manière
approfondie et apporter les
preuves non seulement de leurs caractéristiques mais
également de leur compatibilité
avec les matériaux d'origine, afin d'éviter les effets
secondaires non souhaitables.
3.11 Les qualités intrinsèques d'une structure et de son
environnement, dans son état
premier ou modifié à son avantage par l'histoire,
doivent être conservées.
3.12 Chaque intervention doit autant que possible
respecter le concept originel, les
techniques et la valeur historique des états précédents
de la structure et en laisser des
traces reconnaissables pour l’avenir.
3.13 L'intervention doit être le résultat d'un projet
d'ensemble intégré qui permettra de
donner une échelle de valeurs aux éléments
architecturaux, structuraux et
fonctionnels.
3.14 La dépose ou l’altération de matériaux historiques
ou de caractéristiques de
l'architecture doivent être évités autant que possible.
3.15 On choisira toujours de réparer plutôt que de
remplacer les parties détériorées des
structures anciennes.
3.16 Les imperfections et altérations non réversibles
devenues parties intégrantes de
l'histoire de la structure doivent être maintenues
lorsqu'elles ne compromettent pas
les exigences de sécurité.
3.17 Le démontage et la reconstruction doivent être
considérés comme des interventions
exceptionnelles résultant de la nature des matériaux et
de la structure, dans le cas où
la conservation avec d'autre moyens est impossible ou
nuisible.
3.18 Les mesures de sécurité employées lors des
interventions doivent clairement montrer
leur objectif et leur fonction, sans causer de dommages
à la valeur de l'objet traité.
3.19 Chaque proposition d’intervention doit être
accompagnée d’un programme de contrôle
à mettre en oeuvre, autant que possible, quand les
travaux sont en cours d'exécution.
3.20 Les interventions qui ne peuvent faire l'objet de
contrôle pendant leur exécution sont
interdites.
3.21 Chaque intervention sur les structures doit être
accompagnée de mesures de contrôle
pendant sa mise en oeuvre puis sur le long terme pour
s'assurer de son efficacité.
3.22 Toutes activités de contrôle et de suivi doivent
être documentées comme faisant partie
de l’histoire de la structure.
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