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SUR LE PLAN CULTUREL


CHARTE INTERNATIONALE DU TOURISME CULTUREL
La Gestion du Tourisme aux Sites de Patrimoine
Significatif (1999)
Adoptée par ICOMOS à la 12è Assemblée Générale au Mexique, Octobre 1999.
INTRODUCTION
Principes généraux de la charte
Au sens le plus large, le patrimoine naturel et culturel appartient à tous les hommes. Nous
avons chacun un droit et une responsabilité de compréhension, d'appréciation et de
conservation de ces valeurs universelles.
Le patrimoine est un concept vaste qui réunit aussi bien l'environnement naturel que
culturel. Il englobe les notions de paysage, d'ensembles historiques, de sites naturels et
bâtis aussi bien que les notions de biodiversité, de collections, de pratiques culturelles
traditionnelles ou présentes, de connaissance et d'expérimentation. Il rappelle et exprime le
long cheminement du développement historique qui constitue l'essence des diverses
identités nationales, régionales, indigène et locales, et fait partie intégrante de la vie
moderne. C'est un point de référence dynamique et un instrument positif du développement
et des échanges. Le patrimoine particulier et la mémoire collective de chaque lieu et de
chaque communauté sont irremplaçables et représentent une base essentielle du
développement, à la fois maintenant et pour l'avenir.
En cette période de globalisation croissante, la protection, la conservation, l'interprétation et
la présentation du patrimoine et de la diversité culturelle de chaque lieu ou région, sont un
enjeu important pour tous et partout. Cependant, la gestion de ce patrimoine, dans le cadre
de recommandations internationales reconnues et appropriées, relève habituellement de la
responsabilité des communautés d'accueil.
Un premier objectif pour la gestion du patrimoine consiste à faire connaître sa signification
et les justifications de sa conservation aussi bien aux communautés d'accueil qu'aux
visiteurs. Une gestion matérielle raisonnable et une approche intellectuelle et/ou
émotionnelle du patrimoine et du développement culturel sont à la fois un droit et un
privilège. Cette gestion doit être porteuse de respect pour les valeurs patrimoniales, pour
les populations indigènes qui les perpétuent, pour les paysages et les cultures qui les ont
produites, pour les intérêts et les droits actuels des communautés d'accueil, et pour les
propriétaires d'ensembles historiques.
Les interactions dynamiques entre patrimoine culturel et
tourisme
Le tourisme national et international a été et demeure un des principaux véhicules
d'échanges culturels, une occasion d'expériences professionnelles non seulement de ce qui a
survécu du passé mais aussi de la vie actuelle d'autres groupes humains. Il est de plus en
plus largement reconnu comme une force positive qui favorise la conservation du patrimoine
naturel et culturel. Le tourisme peut saisir les caractéristiques économiques du patrimoine
et les utiliser pour sa conservation en créant des ressources, en développant l'éducation et
en infléchissant la politique. Il représente un enjeu économique essentiel pour de nombreux
23
pays et de nombreuses régions, et peut être un facteur important de développement,
lorsqu'il est géré avec succès.
Le tourisme est devenu un phénomène complexe en plein développement. Il joue un rôle
essentiel dans les domaines économiques, sociaux, culturels, éducatifs, scientifiques,
écologiques et esthétiques. Parvenir à dépasser pour les valoriser les conflits qui peuvent
exister entre les attentes et les aspirations des visiteurs et celles des communautés
d'accueil, constitue à la fois un enjeu et une opportunité.
Le patrimoine naturel et culturel, comme la diversité des cultures vivantes sont des
attractions touristiques majeures. Un tourisme excessif peut de la même façon qu'un
tourisme inexistant ou mal géré nuire à l'intégrité physique et à la signification du
patrimoine. La fréquentation touristique peut également conduire à la dégradation des
espaces naturels ainsi que des cultures et des modes de vie des communautés d'accueil.
Le tourisme est porteur d'avantages pour les communautés d'accueil et leur procure des
moyens importants et des justifications pour prendre en charge et maintenir leur patrimoine
et leurs pratiques culturelles. La participation et la coopération entre les communautés
d'accueil représentatives, les conservateurs, les opérateurs touristiques, les propriétaires
privés, les responsables politiques, les concepteurs et les gestionnaires des programmes de
planification, et les gestionnaires de sites sont nécessaires pour mettre en oeuvre une
industrie touristique durable et favoriser la protection des ressources patrimoniales pour les
générations futures.
ICOMOS, Conseil International des Monuments et des Sites, en tant qu'auteur de cette
Charte, ainsi que les autres organisations internationales et les industries du tourisme, sont
prêts à relever ce défi.
Objectifs de la charte
Les objectifs de la charte du tourisme culturel sont :
• Encourager et faciliter le travail de ceux qui participent à la conservation et à la
gestion du patrimoine afin de le rendre plus accessible aux communautés d'accueil et aux
visiteurs.
• Encourager et faciliter le travail de l'industrie touristique pour promouvoir et gérer
le tourisme dans le respect et la mise en valeur du patrimoine et des cultures vivantes des
communautés d'accueil.
• Encourager et faciliter le dialogue entre les responsables du patrimoine et ceux
des industries du tourisme afin de mieux faire comprendre l'importance et la fragilité des
ensembles patrimoniaux, des collections, des cultures vivantes dans le souci de les
sauvegarder à long terme.
• Encourager ceux qui proposent des programmes et des politiques afin de
développer des projets précis et mesurables, et des stratégies qui touchent à la
présentation et l'interprétation des ensembles patrimoniaux et des activités culturelles dans
le contexte de leur protection et de leur conservation.
En outre,
• La Charte encourage l'ensemble des initiatives de l'ICOMOS, des autres
organisations internationales et des industries touristiques qui visent à améliorer les
conditions de gestion et de conservation du patrimoine.
• La Charte encourage les contributions de tous les responsables agissant dans les
domaines du patrimoine et du tourisme et qui permettront d'atteindre ces objectifs.
• La Charte encourage la réalisation de guides détaillés par les parties intéressées.
Ces guides faciliteront l'application concrète des principes établis par la Charte dans le cadre
d'interventions particulières et à la demande d'organisations et de communautés d'accueil
spécifiques.
24
PRINCIPES DE LA CHARTE DU TOURISME CULTUREL    
Principe 1
Le tourisme national et international est l'un des principaux véhicules des
échanges culturels. La protection du patrimoine doit offrir des opportunités
sérieuses et bien gérées aux membres des communautés d'accueil et aux visiteurs
pour expérimenter et comprendre le patrimoine et la culture des différentes
communautés.
1.1
Le patrimoine culturel est une ressource à la fois matérielle et spirituelle. Il témoignage d'un
développement historique. Il a un rôle important dans la vie contemporaine et doit être
accessible physiquement, intellectuellement et émotionnellement au grand public. Les
programmes de protection et de conservation des éléments physiques, des aspects
intangibles et des expressions de la culture contemporaine prises dans leur sens le plus
large, doivent faciliter la compréhension et la prise en considération de la signification du
patrimoine par les communautés d'accueil et les visiteurs, d'une manière équitable et
adaptée aux moyens dont ils disposent.
1.2
Les caractéristiques particulières du patrimoine naturel et culturel ont des niveaux de
signification différents, certaines sont investies d'une valeur universelle, d'autres d'une
valeur nationale, régionale ou locale. Les programmes d'interprétation doivent présenter ces
différents niveaux de signification de manière pertinente et accessible aux communautés
d'accueil et aux visiteurs, en utilisant des moyens pédagogiques actuels stimulants, média,
technologie, explications personnalisées des aspects historiques, environnementaux et
culturels.
1.3
Les programmes d'interprétation doivent faciliter et encourager une prise de conscience
profonde par le public, prise de conscience qui constitue une base essentielle pour assurer la
préservation dans le temps du patrimoine naturel et culturel.
1.4
Les programmes d'interprétation doivent présenter la signification des ensembles
patrimoniaux, des traditions et des pratiques culturelles dans le cadre des expériences
passées et de la diversité présente des territoires et des communautés, sans négliger les
minorités culturelles et linguistiques. Le visiteur doit aussi être informé des différentes
valeurs culturelles qui caractérisent tel ou tel type de patrimoine.
Principe 2
La relation entre le patrimoine et le tourisme est dynamique et doit dépasser les
conflits de valeurs. Elle doit être gérée de manière durable au profit des
générations actuelles et futures.
2.1
La signification des ensembles patrimoniaux constitue une valeur pour tous les peuples et
une base importante de la diversité culturelle et du développement social. La protection et
la conservation à long terme des cultures vivantes, des ensembles patrimoniaux et des
collections, ainsi que leur intégrité physique et écologique dans leur contexte
environnemental, doivent être une composante essentielle des politiques de développement
social, économique, législatif, culturel et touristique.
2.2
L'interaction entre les ressources patrimoniales et le tourisme est dynamique et en
constante évolution, générant à la fois des opportunités, des défis et des potentialités de
conflits. Les projets, activités et développements touristiques doivent parvenir à des
résultats positifs et limiter les impacts négatifs qui pourraient nuire au patrimoine et aux
25
modes de vie des communautés d'accueil, tout en répondant au mieux aux besoins et aux
aspirations des visiteurs.
2.3
Les programmes de protection, d'interprétation et de développement touristique doivent
être basés sur une approche compréhensible des aspects particuliers, souvent complexes et
conflictuels, de la signification des différents patrimoines. La poursuite régulière d'activités
de recherche est importante car elle permet d'approfondir la compréhension et
l'appréciation de la signification de ces différents témoignages patrimoniaux.
2.4
La préservation de l'authenticité des ensembles patrimoniaux et des collections est
importante. C'est une condition essentielle de leur signification culturelle qui s'exprime dans
les matériaux, la mémoire collective et les traditions qui nous viennent du passé. Les
programmes doivent présenter et interpréter l'authenticité des ensembles patrimoniaux de
manière à favoriser la compréhension et l'appréciation de ce patrimoine culturel.
2.5
Les projets de développement touristique et d'infrastructures doivent prendre en compte les
dimensions esthétiques, sociales et culturelles, les paysages naturels et culturels, les
caractéristiques de la biodiversité ainsi que l'environnement visuel le plus large des
ensembles patrimoniaux. On doit donner la préférence aux matériaux locaux et prendre en
compte les caractéristiques de l'architecture locale et les particularités des constructions
vernaculaires.
2.6
La promotion et le développement touristique des ensembles patrimoniaux doivent être
précédés par la mise en place de plans de gestion qui prennent en compte la valeur
naturelle et culturelle de la ressource patrimoniale. Ils doivent établir les limites acceptables
des modifications susceptibles d'être apportées à ces ensembles, en tenant compte en
particulier de l'impact de la fréquentation touristique sur les caractéristiques physiques,
l'intégrité, l'écologie et la biodiversité des espaces, les accès, les systèmes de transport, et
le bien être social, économique et culturel des communautés d'accueil. Si le niveau des
modifications proposées est inacceptable, le projet de développement doit être modifié.
2.7
Des programmes d'évaluation doivent permettre d'estimer les impacts progressifs des
activités touristiques et du développement dans des espaces spécifiques ou des
communautés particulières.
Principe 3
Les opérations de mise en valeur des ensembles patrimoniaux doivent assurer aux
visiteurs une expérience enrichissante et agréable.
3.1
Les programmes de protection et de tourisme doivent présenter une information de haute
qualité de manière à favoriser la compréhension par le visiteur de la signification des
caractéristiques du patrimoine et de la nécessité de le protéger. Ces programmes doivent
aussi contribuer, de manière appropriée, à mettre le visiteur en situation de profiter au
mieux de sa visite.
3.2
Le visiteur doit pouvoir visiter les ensembles patrimoniaux comme il le souhaite, si c'est son
propre choix. Un circuit de circulation spécifique peut être nécessaire pour réduire les
impacts de ce type de visite sur l'intégrité, et les caractéristiques physiques, naturelles et
culturelles des sites.
3.3
Le respect du caractère sacré des sites, des pratiques et des traditions de nature spirituelle
doit être pris en considération de façon prioritaire par les gestionnaires de sites, les
26
visiteurs, les hommes politiques, les planificateurs et les opérateurs touristiques. Les
visiteurs doivent être encouragés à se comporter en invités bienvenus, respectueux des
valeurs et des styles de vie des communautés d'accueil, en rejetant les vols et le commerce
illicite des biens culturels et en se comportant de manière à favoriser le maintien d'un
accueil favorable pour les visiteurs à venir.
3.4
La planification des activités touristiques doit offrir aux visiteurs les meilleures conditions de
confort, de sécurité et de bien-être de manière à renforcer le plaisir de la visite mais sans
que cela ne nuise à la signification et aux caractéristiques écologiques du patrimoine.
Principe 4
Les communautés d'accueil et les populations locales doivent participer aux
programmes de mise en valeur touristique des sites patrimoniaux.
4.1
Les droits et les intérêts des communautés d'accueil tant au niveau régional que local, les
propriétaires privés et les peuples indigènes qui exercent des droits traditionnels et des
responsabilités sur leurs propres territoires et sur les sites chargés pour eux d'une
signification particulière, doivent être respectés. Ils doivent participer à l'élaboration et à la
mise en oeuvre des projets de mise en valeur du patrimoine en définissant les enjeux, les
stratégies, les politiques et les procédures permettant d'identifier, de conserver, de gérer,
de présenter et d'interpréter leurs ressources patrimoniales ainsi que leurs pratiques
culturelles traditionnelles et actuelles, et ceci dans un contexte touristique.
4.2
Bien que le patrimoine culturel revête une signification universelle, on doit respecter le
souhait des communautés d'accueil ou des populations locales de restreindre ou de gérer
directement l'accès physique, spirituel ou intellectuel à certaines pratiques culturelles,
connaissances et croyances, mais aussi à certains objets ou à certains sites.
Principe 5
Les activités de tourisme et de protection du patrimoine doivent bénéficier aux
communautés d'accueil.
5.1
Les politiques de conservation et de développement touristique doivent promouvoir des
mesures qui favorisent une répartition équilibrée des bénéfices du tourisme entre les pays
et les régions, accroître les niveaux de développement socio-économique et contribuer à
soulager la pauvreté.
5.2
La gestion du patrimoine et le tourisme doivent produire des bénéfices économiques,
sociaux et culturels, équitablement répartis entre les hommes et les femmes des
communautés d'accueil, à tous les niveaux, à travers l'éducation, la formation et la création
d'opportunités d'emplois à plein temps.
5.3
Une partie significative des revenus provenant de l'exploitation touristique du patrimoine
doit être affectée à la protection, la conservation et la présentation des sites patrimoniaux,
et ceci dans leur contexte naturel et culturel. Autant que possible, les visiteurs doivent être
informés de l'existence de cette procédure financière.
5.4
Les programmes de développement touristique du patrimoine doivent encourager la
formation et l'emploi de guides et d'interprètes de sites issus des communautés d'accueil
afin de favoriser les savoir-faire des populations locales pour présenter et interpréter leurs
valeurs culturelles propres.                                                       

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SUR LE PLAN ARCHITECTURAL


CHARTE ICOMOS - PRINCIPE POUR L'ANALYSE, LA
CONSERVATION ET LA RESTAURATION DES STRUCTURE DU
PATRIMOINE ARCHITECTURAL

Adoptés par la 14ème Assemblée Générale de l’ICOMOS à Victoria Falls, Zimbabwe, Octobre 2003
PRINCIPE GÉNÉRAUX
BUT DU DOCUMENT

Les édifices anciens par leur nature (matériaux et mises en oeuvre) imposent des démarches
particulières pour le diagnostic et la restauration qui limitent l'application des normes légales et
de construction applicables
Des recommandations ne sont pas seulement souhaitables, elles sont nécessaires afin de garantir
que les procédures relatives à la restauration des structures soient adaptées au contexte
rationnel, scientifique et culturel.
Les "PRINCIPES" présentés dans ce document, qui seront suivis de directives, constituent la
première étape vers la préparation des recommandations, instrument indispensable pour tous les
intervenants de la conservation et de la restauration des structures.
Les directives sont disponibles en anglais dans un document séparé.
1. CRITÈRES GÉNÉRAUX
1.1. La conservation, le renforcement et la restauration des structures du patrimoine
architectural requièrent une approche pluridisciplinaire.
1.2. Par respect envers chaque culture; le patrimoine doit être étudié dans son contexte
culturel, par conséquent la valeur et le niveau d'authenticité ne sont pas déterminés
par des critères universels.
1.3. La valeur d'un édifice historique n'est pas limitée à la perception que l'on a de celui-ci.
Elle dépend de l'intégrité de toutes les parties qui le composent. Par conséquent la
suppression de structures internes pour ne maintenir que les façades devra toujours
être évitée.
1.4. Si des changements d'usage ou de fonction sont garants d'une meilleure conservation
et de l'entretien du patrimoine, les exigences de la conservation et les conditions de
sécurité doivent être soigneusement prises en compte.
1.5. La conservation ou la restauration des structures du patrimoine architectural n'est pas
une fin en soi, c'est un moyen au service d'un objectif plus large: la pérennité de
l'édifice dans sa globalité.
1.6 Les structures historiques, en raison de leur histoire souvent complexe, nécessitent la
mise en oeuvre d'études et de projets suivant des phases précises, comme dans la
médecine: l'anamnèse, la thérapie et le contrôle. A chaque phase correspond la
recherche appropriée pour la collecte des données et des informations pour identifier
les causes des désordres, pour déterminer le choix des mesures à prendre, et pour
contrôler ensuite leur efficacité. Afin que l'impact sur le patrimoine soit minimal il faut
employer les ressources disponibles d'une manière rationnelle. Il est généralement
nécessaires que ces étapes se succèdent dans un processus itératif.
1.7 Aucune action ne doit être entreprise sans avoir préalablement évalué les effets
négatifs sur l'édifice historique, excepté dans le cas où des mesures urgentes de
sauvegarde sont nécessaires pour empêcher un écroulement imminent de la structure
(p.ex. après des dommages sismiques); néanmoins ces mesures ne doivent pas
changer la structure d’une manière irréversible.
2. RECHERCHE ET DIAGNOSTIC
2.1 En général une équipe pluri-disciplinaire, composé selon le type et l'échelle du
problème, devrait être constitué dès la première phase de l'étude - comme dans le
relevé préalable du site et dans la préparation du programme d'investigations.
2.2 Les données et les informations peuvent être étudiées une première fois d'une manière
approximative afin d'établir un plan d'action approprié au problème réel de la structure.
2.3 Une compréhension claire de la typologie, du comportement, des performances des
structures et des caractéristiques des matériaux est nécessaire dans l'exercice de la
conservation. La connaissance de la conception originelle des structures, des
techniques employées lors de la construction, des transformations, des phénomènes
vécus, et de leur état actuel est essentielle.
2.4 Les structures des vestiges archéologiques posent des problèmes particuliers car elles
nécessitent des interventions de stabilisation pendant les phases d'excavation quand la
connaissance est encore incomplète. Le comportement structurel d'une construction en
cours de fouille peut être complètement différent d'une construction exposée. Ainsi les
projets d'interventions et les solutions adoptées peuvent être différents afin de ne pas
compromettre l'aspect, l'apparence et l'usage de la construction.
2.5 La conservation des structures du patrimoine bâti requiert simultanément des analyses
qualitatives et quantitatives. Les premières sont fondées sur l'observation directe des
désordres et de la dégradation des matériaux. Elles s'appuient sur les recherches
historiques et archéologiques. Les secondes concernent essentiellement les tests
spécifiques, le suivi des données et l'analyse des structures
2.6 Avant de prendre une décision concernant une intervention sur des structures il est
indispensable de déterminer les causes des désordres, et ensuite d'évaluer le niveau de
sécurité de la structure.
2.7 L'évaluation du niveau de sécurité (qui est la dernière étape dans le diagnostic ou le
besoin de traitements est effectivement déterminé) doit tenir compte des analyses
quantitatives et qualitatives et de l'observation directe, des recherches historiques, de
la modélisation mathématique le cas échéant et, en tant que besoin des résultats
expérimentaux.
2.8. Le plus souvent l'application de coefficients de sécurité conçus pour les ouvrages neufs
conduit à des mesures excessives, inapplicables pour les édifices anciens. Des analyses
spécifiques devront alors justifier de la diminution des niveaux de sécurité.
2.9 Toutes les informations sur la documentation réunie, sur le diagnostic, sur l'évaluation
de la sécurité et sur les propositions d'intervention doivent être consignées dans un
rapport de présentation explicite.
3. LES REMÈDES ET LE CONTRÔLE
3.1 La thérapie représente le champ des actions exercées sur les causes profondes des
désordres, et non sur les symptômes.
3.2 La meilleure thérapie pour la conservation est l'entretien préventif.
3.3 La compréhension de la signification de la structure, et l'évaluation de son niveau de
sécurité conditionnent les mesures de conservation et de renforcement.
3.4. Aucune action de doit être entreprise sans que son caractère indispensable n'ait été
démontré.
3.5 Les interventions doivent être proportionnées aux objectifs de sécurité fixés et être
maintenues au niveau minimal garantissant stabilité et durabilité avec le minimum
d'effets négatifs sur la valeur du bien considéré.
3.6 La conception du projet d'intervention sera toujours fondée sur une bonne
connaissance des causes des désordres et de la dégradation.
3.7 Le choix entre les techniques "traditionnelles" et les techniques "innovantes" doit être
fait au cas par cas, en donnant la préférence aux techniques les moins envahissantes
et les plus respectueuses des valeurs patrimoniales, tenant en compte les exigences
de sécurité et de durabilité.
3.8. Parfois les difficultés rencontrées pour le contrôle des véritables niveaux de sécurité et
les résultats positifs de l'intervention peuvent conduire à recourir à une démarche
progressive, en commençant à un niveau minimum, et en adoptant ultérieurement
une série des mesures supplémentaires ou correctives.
3.9 Les mesures choisies doivent être réversibles autant que possible, de telles sorte que,
si de nouvelles connaissances le permettent, des mesures plus adéquates puissent
être mises en oeuvre. Si les mesures ne peuvent être réversibles, on doit s'assurer
que des interventions ultérieures puissent encore intervenir.
3.10 Tous les matériaux utilisés pour les travaux de restauration, particulièrement les
nouveaux matériaux, doivent être testés de manière approfondie et apporter les
preuves non seulement de leurs caractéristiques mais également de leur compatibilité
avec les matériaux d'origine, afin d'éviter les effets secondaires non souhaitables.
3.11 Les qualités intrinsèques d'une structure et de son environnement, dans son état
premier ou modifié à son avantage par l'histoire, doivent être conservées.
3.12 Chaque intervention doit autant que possible respecter le concept originel, les
techniques et la valeur historique des états précédents de la structure et en laisser des
traces reconnaissables pour l’avenir.
3.13 L'intervention doit être le résultat d'un projet d'ensemble intégré qui permettra de
donner une échelle de valeurs aux éléments architecturaux, structuraux et
fonctionnels.
3.14 La dépose ou l’altération de matériaux historiques ou de caractéristiques de
l'architecture doivent être évités autant que possible.
3.15 On choisira toujours de réparer plutôt que de remplacer les parties détériorées des
structures anciennes.
3.16 Les imperfections et altérations non réversibles devenues parties intégrantes de
l'histoire de la structure doivent être maintenues lorsqu'elles ne compromettent pas
les exigences de sécurité.
3.17 Le démontage et la reconstruction doivent être considérés comme des interventions
exceptionnelles résultant de la nature des matériaux et de la structure, dans le cas où
la conservation avec d'autre moyens est impossible ou nuisible.
3.18 Les mesures de sécurité employées lors des interventions doivent clairement montrer
leur objectif et leur fonction, sans causer de dommages à la valeur de l'objet traité.
3.19 Chaque proposition d’intervention doit être accompagnée d’un programme de contrôle
à mettre en oeuvre, autant que possible, quand les travaux sont en cours d'exécution.
3.20 Les interventions qui ne peuvent faire l'objet de contrôle pendant leur exécution sont
interdites.
3.21 Chaque intervention sur les structures doit être accompagnée de mesures de contrôle
pendant sa mise en oeuvre puis sur le long terme pour s'assurer de son efficacité.
3.22 Toutes activités de contrôle et de suivi doivent être documentées comme faisant partie
de l’histoire de la structure.

 

 


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